Poesía Sin Fin

Poesía Sin Fin

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2016
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125 minutes
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Couleur
Affiche du film Poesía Sin Fin Dans le Chili des années 40, Alejandro Jodorowsky supporte de moins en moins son environnement familial étouffant. Malgré l'amour prodigué par sa mère, cantatrice frustrée, le jeune homme ne parvient plus à vivre aux côtés de son père, un boutiquier réactionnaire et brutal. Sa vie change quand il rencontre une jeune femme au caractère bien trempé, qui lui fait découvrir l'univers de la nuit et le mène peu à peu à rencontrer de jeunes artistes comme lui. En effet, malgré la violente désapprobation de son père, Alejandro se découvre poète et décide d'en faire sa principale activité...

Casting

Rôle : Sara

Date de sortie

05/10/2016

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Voir la dernière œuvre de Jodorowsky n’est pas un simple acte cinématographique. En effet, c’est pour le spectateur l’occasion unique de se retrouver avec un cinéma conçu comme un monde total. Alejandro Jodorowsky est un magicien qui grâce à l’artifice fabrique un film qui nous fait réfléchir à notre place dans le monde. Il nous interroge ici sur les liens que nous tissons avec notre environnement qu’il soit familial, social, ou politique.

Dans Poesía Sin Fin, l’imagination est toujours au premier plan avec ces décors de théâtre installés devant le spectateur qui représenteront les rues de l’enfance du jeune Alejandro. Jamais explicatif, convaincu par la force visuelle du cinéma, le réalisateur chilien ne s’adresse pas à l’esprit, mais à notre ressenti. Il s’impose ici comme le digne héritier d’un autre magicien du cinéma, grand maître de l’imaginaire : Méliès.

Le metteur en scène utilise comme matériel sa propre vie. Pour autant à la différence de beaucoup de cinéastes au crépuscule de leur existence, Jodorowsky ne se donne jamais le rôle du maître d’école. Refusant le monologue, il propose par ces interventions un dialogue d’égal à égal entre lui, le spectateur, et son double incarné par son propre fils qui symbolise l’aube de sa vie d’homme.

Au regard du film, nous nous rendons compte à quel point sa vision a manqué au cinéma pendant les 25 ans qui séparent La danse de la réalité (son précédent opus) et Santa Sangre réalisé dans les années 80. Couleurs sublimes, découpage précis qui insiste sur l’humain sans jamais négliger une représentation précise de l’espace, le film déborde d’idées visuelles novatrices comme ses figures habillées de noir qui portent les objets aux personnages dans un ballet mystérieux. Si Brontis Jodorowsky, déjà présent dans La danse de réalité, est toujours parfait dans le rôle du père d’Alejandro. Adan, son plus jeune fils, démontre, que ses talents ne se limitent pas seulement à la bande originale qu'il signe pour le film. Habiles jeux de regard, maîtrise du corps et des déplacements, il prend totalement possession de la caméra de son père et s’avère un acteur formidable.

Objet unique, œuvre éminemment sincère, déclaration d’amour à l’existence, Alejandro Jodorowsky semble avoir trouvé la source de la fontaine de Jouvence tant son film semble être la réalisation d’un jeune homme qui croit à la force de l’art et qui a décidé d’y consacrer sa vie. 

Un grand film tout simplement.

MAD WILL

Publié le 03/03/2017
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