Affiche du film Robot Jox
Affiche du film Robot Jox

Robot Jox

1989 85 minutes Couleur
Tous publics

Un film de Stuart Gordon

Après la troisième guerre mondiale, les pays ont décrété que faire la guerre était proscrit. À la place, les différents sont réglés par des combats de robots. Achilles, ancien combattant par robot, voit son remplaçant et d'autres, être issus d'expériences génétiques. Achilles est pourtant prêt à retourner se battre contre son ennemi de toujours, Alexander.

Après la troisième guerre mondiale, les pays ont décrété que faire la guerre était proscrit. À la place, les différents sont réglés par des combats de robots. Achilles, ancien combattant par robot, voit son remplaçant et d'autres, être issus d'expériences génétiques. Achilles est pourtant prêt à retourner se battre contre son ennemi de toujours, Alexander.

Autour du film

Robot Jox est un drôle de film. Produit par le studio Empire Pictures dirigé par Charles Band, ce long-métrage est en effet une tentative de proposer un blockbuster par une société spécialisée dans la série Z avec des titres comme Ghoulies. Pour réussir à proposer un film rivalisant avec les grands studios américains, Empire compte sur le réalisateur Stuart Gordon qui avait signé le plus gros succès de la firme avec Re-Animator. Pour le scénario, Charles Band engage même un grand nom de la science-fiction avec l'écrivain Joe Haldeman récompensé par les prix les plus prestigieux de la S.F. comme le Hugo et Nebula. Enfin, du côté des effets spéciaux, on retrouve un maitre de l’animation image par image avec David Allen qui a bossé sur Le secret de la pyramide et Willow.

Mais voilà nous sommes dans l’antre du bis et le sympathique Robot Jox dans sa version définitive est loin d’être la superproduction vendue par ses producteurs qui annonçaient du jamais vu au cinéma. De toute manière, ce projet ne correspondait pas à l’économie habituelle des films supervisés par Charles Band qui ferma ses studios alors que le film n'était pas encore finalisé. Robot Jox, c’est un peu l’équivalent du Superman 4 ou des Maîtres de l’univers de la Cannon. À la fin des années 80, ces petites boites de production qui avaient engrangé des succès en vidéo grâce à l’horreur ou le karaté pensaient pouvoir passer à la vitesse supérieure, mais ils n’avaient ni les finances et le savoir-faire pour réussir. Menahem Golan et encore plus Charles Band ont produit leurs blockbusters de la même manière que leurs films d’exploitation et c’est pourquoi Les Maîtres de l’univers ou Robot Jox paraissent fauchés avec leurs effets spéciaux pas finalisés, leur scénario souvent famélique et leur budget qui disparaissait avant d’être dépensé pour éponger les dettes des précédentes réalisations de leurs studios.

Robot Jox est un projet porté par Stuart Gordon qui était fan d’animation japonaise et de robots géants. Convaincu par le potentiel des méchas au cinéma au regard du succès du dessin animé Transformer, il va proposer Robot Jox à Charles Band qui refuse car il ne peut offrir le budget nécessaire pour réaliser le film. Après réflexion, le producteur va faire marche arrière. Il est en effet convaincu de pouvoir trouver des investisseurs et demande à Gordon une bande test que celui-ci réalise alors avec l'aide de David Allen pour les effets spéciaux. Les premières minutes du film enthousiasment le nabab de la série Z qui n’en croit pas ses yeux et part chercher de l’argent au Crédit Lyonnais. Une banque décidément dans les bons coups comme nous le rappelle l'affaire Adidas ! Robot Jox est alors lancé en production avec un budget de 7 millions de dollars ! Quant au film de démonstration, il servira tout simplement d’ouverture au long-métrage que nous connaissons avec ses images crépusculaires où apparaissent des mechas dans la neige.

Le projet Robot Jox à peine lancé, les difficultés s'amoncellent. L’écriture du film pose ainsi problème car le scénariste Joe Haldeman s’oppose violemment à Stuart Gordon. L’écrivain vedette de la science-fiction veut en effet offrir aux spectateurs un film politique et adulte alors que Gordon souhaite proposer un divertissement qui ravira surtout les gamins. Inspiré par la mythologie et les longs-métrages de gladiateurs, le scénario envisagé par Haledman coûterait la bagatelle de 30 millions de dollars. Il faudra alors l’intervention d’un Dennis Paoli, scénariste à tout faire de Charles Band pour finaliser un dernier jet qui sera très loin des intentions du scénariste principal, mais plus acceptable financièrement.

Après cette phase d’écriture, Gordon part tourner en Italie dans les studios de Laurentiis rachetés par Charles Band. Les prises avec les acteurs sont finalisées en quelques semaines, mais il reste maintenant à tourner les séquences avec les robots. David Allen part superviser les scènes d’effets spéciaux dans le désert. En raison de conditions climatiques pas toujours clémentes, la facture augmente. C’est au même moment que le studio Empire de Band doit fermer ses portes en raison d’un déficit abyssal. Le projet qui n’était pas encore finalisé passe entre les mains de plusieurs structures de production et il faudra attendre 4 ans pour que ce film sorte enfin au cinéma et rapporte alors moins de deux millions de dollars. À l’aube des années 90, le film se fera taxer de ringard alors que l’image de synthèse arrive au même moment sur les écrans.

Robot Jox sera oublié pendant presque deux décennies. Il faudra donc attendre la sortie de la saga Transformers et du Pacific Rim de del Toro pour que quelques cinéphiles déviants tel votre honorable serviteur viennent à reparler du film. Avec la sortie d’un Blu-ray, le film connaît une nouvelle jeunesse et les critiques sont bien plus élogieuses qu’à l’époque. Alors que vaut le film de robots géants de Stuart Gordon ?

Le résumé du film :

Après la troisième guerre mondiale, les pays ont décrété que faire la guerre était proscrit. À la place, les différents sont réglés par des combats de robots. Achilles, ancien combattant par robot, voit son remplaçant et d'autres, être issus d'expériences génétiques. Achilles est pourtant prêt à retourner se battre contre son ennemi de toujours, Alexander.

Soyons franc. Malgré un budget presque vingt fois plus important qu’à l’accoutumée dans les productions de Charles Band, cette tentative de faire un film pouvant damner le pion aux studios ressemble surtout à un produit formaté pour les vidéoclubs initié par le pape de la série Z. En effet, l’histoire du film est très basique même si l’on peut reconnaître quelques traces du travail d’Haldeman avec un univers regorgeant de bonnes idées. Ainsi, le principe des combats de robots qui ont été créés afin de se distribuer des territoires et remplacer les guerres est bien trouvé. Des détails comme ces affiches incitant à la procréation ou l’analphabétisme de la population sont plutôt pertinents et auraient même mérité un meilleur développement. Malheusement le traitement de l’histoire et la caractérisation des personnages ne dépassent pas le cadre du film d’exploitation conçu pour passer le temps en deuxième partie de soirée sur les chaines câblées. Au final, il ne se passe pas grand-chose dans Robot Jox à l’exception des deux combats de robots qui ouvrent et cloturent le film. Pendant le reste du long-métrage, nous auront seulement le droit à une histoire d’amour écrit à la truelle et aussi sexy qu’un épisode de Walker Texas Ranger.  Même si le script a gardé les noms de héros de la mythologie grecque comme Achille ou Athéna, nos sommes bien loin du poème épique envisagé par Haldeman. Robot Jox est avant tout une production d'exploitation à la Charles Band bourré de stéréotypes avec son héros rouleur de mécanique qui sauvera l’héroïne sans défense ou son savant qui est forcément asiatique.

Concernant l’interprétation dans le film, le bilan n’est pas fameux avec des acteurs qui font le minimum syndical. Quant à Stuart Gordon, il ne semble pas beaucoup plus inspiré que ses comédiens. En effet, sa mise en scène est souvent anonyme en dehors des scènes avec les mechas. On voit bien sa volonté de construire certains de ses plans comme des cases de bd. Mais à la différence de son film Fortress, on a vraiment du mal à reconnaître la patte du réalisateur de Re-Animator. On peut supposer que les enjeux économiques liés à la production du film ont fait disparaitre sa mise en scène qui était d'habitude ultra dynamique dans ses films d’horreur. Exit la violence, ses plans à la limite du cartoon ou son goût pour l’érotisme, Robot Jox est filmé de manière télévisuelle sans excès, mais surtout sans génie.

Robot Jox avait été lancé par son producteur Charles Band comme un évènement cinématographique qui devait nous offrir des combats de robots jamais vus à l’écran. Après la vision du film, il est clair que le bilan est mitigé du point de vue visuel. En effet, certains trucages sont réussis comme dans l’ouverture ou lors de l’affrontement entre les deux mechas dans l’espace. Mais malheureusement, le meilleur alterne avec des incrustations indignes d’un film des années 80. Les effets sont donc inégaux même si certains plans sont splendides et offrent l'illusion d’assister à des rixes entre robots géants.

Néanmoins, le film possède en Blu-Ray un charme fou et ses effets optiques ont pris une sorte de patine avec le temps comme si on assistait à un épisode de Goldorak en live. Plus fun que la saga Transformer de Michael Bay, Robot Jox est l’histoire d’un film qui se rêvait en superproduction, mais qui se révéla au final un long-métrage d’exploitation à savourer un samedi soir entre amis avec des bières et une pizza. Je vous invite donc à découvrir le Pacific Rim des années 80 !

Mad Will

 

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