Encore une fois Wes Anderson nous régale avec un film drôle et profond. Maitrisant comme personne son sujet et la technique, il emploie ici avec une virtuosité sans pareil la stop motion pour animer ses personnages comme dans Fantastic Mister Fox.

Le réalisateur nous invite dans un Japon imaginaire, mais très référencé (réutilisation d’estampe d’Hokusai, haïkus, bouteilles de Saké…), un monde dans lequel les chiens sont parqués dans une île poubelle sous prétexte qu’ils propagent des maladies et pourraient être dangereux.

On le comprend vite, tout cela n’est qu’un vaste complot ourdi par ceux qui ont le pouvoir et veulent le garder par tous les moyens. Le grain de sable viendra d’un jeune garçon de 12 ans, Atari Kobayashi, propre neveu du maire de Megasaki, la mégalopole dans laquelle prend place cette histoire, le scénario nous narrant ensuite les péripéties qui se déroulent sur l’île et dans la ville. Comme dans tout conte initiatique, les rôles des personnages sont clairement distribués au départ. Mais au départ seulement, car la magie Andersonnienne offre de nombreuses surprises par rapport à un déroulement classique. Les personnages, au lieu d’être les simples actants du conte, sont psychologiquement beaucoup plus élaborés, ce qui amènera à des péripéties inattendues qui maintiendront l’intérêt jusqu’au plan final.

Mais quand bien même le scénario aurait été faible, la seule vue des images du monde imaginé par Anderson suffit à nous mettre en extase, à la fois précis dans les moindres détails et poétique à l’envie. Un véritable tour de force quand on sait que la majorité du film se déroule dans une vaste décharge. En sortant de la séance, on n’a qu’une envie, c’est de le revoir.

Bref, on chercherait vainement un bémol dans cette symphonie cinématographique.
L.S.