Affiche du film Diary of the Dead : chroniques des morts-vivants
Affiche du film Diary of the Dead : chroniques des morts-vivants

Diary of the Dead : chroniques des morts-vivants

2007 95 minutes Couleur 25 juin 2008
-12 ans

Un film de George A. Romero

Des étudiants en cinéma tournent un film d'horreur à petit budget. Tombant sur un groupe de morts vivants qui sème la panique en ville, ils sont rapidement témoins de massacres, de destructions et du chaos qui s'empare de la région. Les jeunes gens choisissent alors de braquer leurs caméras sur les zombies et sur les horreurs bien réelles auxquelles ils sont confrontés. Les apprentis cinéastes tentent ainsi de rendre compte de l'appétit féroce des revenants et de la situation apocalyptique qui se répand à une vitesse foudroyante dans le pays...

Des étudiants en cinéma tournent un film d'horreur à petit budget. Tombant sur un groupe de morts vivants qui sème la panique en ville, ils sont rapidement témoins de massacres, de destructions et du chaos qui s'empare de la région. Les jeunes gens choisissent alors de braquer leurs caméras sur les zombies et sur les horreurs bien réelles auxquelles ils sont confrontés. Les apprentis cinéastes tentent ainsi de rendre compte de l'appétit féroce des revenants et de la situation apocalyptique qui se répand à une vitesse foudroyante dans le pays...

Autour du film

Two Evil Eyes - Deux yeux maléfiques

Deux yeux maléfiques devait être la rencontre entre l’oeuvre littéraire d’Edgar Allan Poe et le cinéma grâce à Dario Argento qui avait demandé à George A. Romero, Wes Craven et John Carpenter de réaliser avec lui un film à sketches. Mais faute aux réalisateurs de pouvoir aligner leurs emplois du temps respectifs, le cinéaste italien finit par proposer à Romero de tourner deux segments d’une heure pour constituer un long-métrage.  Le cinéaste américain choisit alors d’adapter Le Masque de la mort rouge, mais son scénario est refusé par la production italienne. Il s’attaque alors à la nouvelle La Vérité sur le cas de Monsieur Valdemar qui met en scène des morts revenus à la vie.

Malheureusement, le segment signé par George Romero est d’une trop grande sobriété. Pendant une bonne partie de son sketch, le réalisateur occulte le fantastique et nous met en scène une banale intrigue policière autour d'une veuve manipulatrice incarnée par Adrienne Barbau. Un film mineur tourné sans grande conviction par un Romero qui avait considéré cette adaptation de Poe comme une commande.

La Part des ténèbres - The Dark Half

L’adaptation de La Part des tènèbres est l’occasion pour Romero de retravailler autour de l'univers de Stephen King après Creepshow. Les deux maîtres de l’horreur étant amis à la ville, il semblait évident que le cinéaste allait tôt ou tard mettre en images un livre du romancier. Souvent envisagé comme réalisateur sur des adaptations de King comme Simetierre ou Salem, Romero fut rarement choisi par les producteurs d’Hollywood qui craignaient ses desiderata d’auteur.

Le choix d’adapter La Part des tènèbres est particulièrement intéressant de la part d'un cinéaste comme Romero. En effet, le réalisateur n’a eu aucune difficulté à s’identifier au protagoniste principal, un romancier d’horreur qui ne désire qu’une chose : écrire de la littérature blanche. Comme nous avons vu dans ce dossier,  Romero avait souhaité échapper à son statut de metteur en scène de films d’horreur avec son deuxième long-métrage qui lorgnait vers le Nouvel Hollywood. Il est évident que lorsqu’il tournait pour des majors comme Orion, il changeait alors radicalement de style avec un découpage plus classique et une absence d’effets sanglants. Si Incidents de parcours est un chef d’oeuvre, son deuxième film de studio La Part des tènèbres est moins concluant. Une fois encore après Deux yeux maléfiques, il semble trop privilégier les éléments policiers de l’intrigue au détriment de l'argument fantastique. Enfin, le montage a été fait à la va-vite en raison des difficultés financières du studio Orion alors en cessation de paiement. Pas forcement le plus mémorable long-métrage de son auteur, mais une adaptation intéressante d’un roman de King qui n’était pas le meilleur de son auteur.

Bruiser

7 ans de développement sans parvenir à tourner un film. Romero passe des bureaux de la New Line à ceux de la Fox où des directifs en costard-cravate lui promettent des budgets qui ne viendront jamais. Le réalisateur revient alors au cinéma indépendant grâce à un petit film appelé Bruiser qu’il part tourner au Canada.

Son nouveau long-métrage est une oeuvre souvent expérimentale où Romero nous raconte l’histoire d'un publiciste Henry Creedlow qui a toujours suivi les règles imposées par la société. Le jour où il découvre que sa femme le trompe, il ne montre aucune réaction. Cependant, le lendemain, il découvre que son visage a été remplacé par un masque blanc. Il décide alors de se venger de tous ceux qui l’ont humilié.

Bruiser est une allégorie sur nos sociétés déshumanisantes où l'individu n'est pas considéré. Pour Romero , nous finissons par perdre notre identité et même nos droits à cause d'une organisation sociale assujettie à un système économique qui nous exploite. Son Bruiser est donc une histoire de vengeance sociale plutôt plaisante à l'écran même si on aurait apprécié une satire un peu plus nuancée avec des personnages moins manichéens. Le film est également une métaphore du parcours du cinéaste au sein des majors pendant 10 ans. En effet, Romero a essayé d’adopter les codes des studios en risquant de perdre sa propre identité. Il se rend compte à présent que concilier avec des entreprises de divertissement cotées en bourse équivaut à perdre son âme.

Enfin, en guise de conclusion, je vous propose de revenir sur les 3 dernières oeuvres du maître : Land of the Dead, Diary of the Dead et Survival of the Dead,

Ces films de zombie ont été tournés en grande partie au Canada où Romero a trouvé la fois l'amour avec Suzanne Desrocher et une nouvelle famille de cinéma pour l’épauler. Si le réalisateur a dû quitter son Pittsburgh, il semble qu’il ait apprécié l’approche plus artisanale du cinéma là-bas et découvert une vision du monde plus en adéquation avec ses opinions de gauche.

Le Territoire des morts - Land of the Dead

Avec Land of the Dead , Romero obtient le plus important budget de sa carrière pour un film qu’il tourne sous le pavillon de Canal Plus et Universal. Dans ce nouvel opus mettant en scènes ses morts-vivants, il embarque le héros de la série Mentaliste Simon Baker et Asia Argento qu’il avait rencontrée enfant sur Deux yeux maléfiques.

Romero nous propose une fois encore un film politique grâce à un scénario mettant en scènes les derniers survivants humains qui s’enferment dans des cités bunkers. Il signe ici un grand film politique autour des USA qui ressemblent aux villes enclavées de Land of the Dead.  Des endroits surprotégés où l’on vit dans un système inégalitaire aux mains des plus riches qui organisent un système répressif censé les protéger du chaos ambiant grâce à des frontières tenues par les militaires.

Si Land of the Dead est pertinent du point de vue de son discours, l’histoire qui est censée porter la vision contestataire du réalisateur est moins convaincante que dans ses autres films. Les personnages sont stéréotypés et la direction d’acteur plutôt moyenne. Enfin, le film recourt à des effets numériques qui ont moins d'impact visuellement que le latex pour les scènes gore.

Au final, Land of the Dead n’est pas un chef-d’oeuvre comme les précédents films du maître autour des morts-vivants. C’est seulement un excellent film et c’est déjà beaucoup.

Diary of the Dead : chroniques des morts-vivants et Survival of the Dead

Romero a bientôt 70 ans quand il réalise ses deux derniers films. Dans le genre horrifique, Il a réussi l’exploit d’inventer un genre à lui tout seul, le film de zombies qui a influencé des oeuvres majeures de la culture populaire comme Walking dead. Ces deux derniers longs-métrages ne sont pas des chefs-d’oeuvre, ils doivent être plutôt considérés comme des expérimentations de la part d’un cinéaste qui a presque déjà tout dit sur les morts-vivants.

Pour Diary of the Dead, il prend le principe du found foutage (faux documentaire) qui lui permet de revenir à des microbudgets et de s’éloigner des studios avec lequel il ne sent pas en adéquation artistiquement. Plutôt que de continuer ses histoire de morts-vivants entamées en 68, il décide de signer une forme de reboot où l’on découvre le début de l'épidémie qui va mener à l’envahissement de la terre par des créatures d’outre-tombe. Dogmatique, pas forcement bien réalisé et souvent mal joué, Diary of the Dead ressemble à un dernier tour en train fantôme signé par un cinéaste fatigué, mais toujours aussi rebelle.

On retrouve dans Survival of the Dead, des personnages de militaires entrevus dans son film précédent qui arrivent dans une île où s’affrontent deux familles qui semblent vivre comme à l’époque du Far West. Romero se fait plaisir avec des affrontements entre humains et zombies qui ressemblent à du cartoon. Mais surtout, cet amoureux des westerns classiques réalise ici un vrai film de cow-boy. Malheureusement, son long-métrage est handicapé par son manque de budget et une direction d’acteurs pas du tout concluante. De plus, Survival of the Dead est plombé par des maquillages grossiers et du gore numérique sans saveur. Pour autant, le film se laisse voir sans déplaisir.

Romero ne tournera plus ensuite et nous quittera à l’âge de 77 ans. Il laisse derrière lui une filmographie riche qui ne se limitait pas qu’aux zombies et que nous souhaitions vous faire découvrir ou redécouvrir !

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