Une catastrophe va survenir. Gabrielle en est sûre. Elle ne sait ni quand ni comment, ni même quoi exactement, mais elle le sent. Louis s’en souvient, qui fut son confident quelques années plus tôt, lors d’un voyage en Italie. Ça commence comme un ersatz de L’Année dernière à Marienbad, comme une rêverie lancinante à la Duras — avec deux amants se tournant autour mais qu’une peur sourde, une menace sans objet, empêchent de s’abandonner l’un à l’autre. Nous sommes en 1910. Elle est pianiste, mariée à un fabricant de poupées. Lui est anglais, de passage à Paris. La Seine est en crue. Les rues seront bientôt inondées. La catastrophe surviendra effectivement, constituant un traumatisme qui ne fera que se répéter au fil des décennies. 2044 : dans un Paris aseptisé, étrangement vide et calme