Le nouveau film de Jonathan Glazer s’ouvre sur un écran noir de plusieurs minutes, baignant le spectateur dans un climat sonore inquiétant. Un peu comme l’ouverture du 2001 de Kubrick. Ambiance. Nous sommes loin du néant intersidéral pourtant, la première séquence enchaînant sur une partie de campagne en famille et en maillot de bain au bord de la rivière. Il fait beau, le ciel est dégagé, l’herbe est verte. Tout va pour le mieux dans le plus paisible des mondes. Ces images sont d’une banalité totale que rien ne rehausse. Mais déjà, un sentiment tenace nous maintient sur nos gardes. Même la caméra, qui observe de loin, garde ses distances. Pas de doute, nous sommes bien sur terre. Pourtant, rarement des images de cinéma nous auront laissés un tel goût de néant.