Affiche du film Le milieu de l'horizon
Affiche du film Le milieu de l'horizon

Le milieu de l'horizon

2020 92 minutes Couleur 20 octobre 2021
Non renseigné

La sécheresse de 1976. Sous le soleil implacable de cet été, Gus quitte l’enfance. La nature se désagrège, les sentiments s’exacerbent, le noyau familial éclate : tout craque et se fissure jusqu’à ce que l’impensable arrive. Les orages tant espérés balaieront une campagne épuisée et emporteront un monde avec eux.

La sécheresse de 1976. Sous le soleil implacable de cet été, Gus quitte l’enfance. La nature se désagrège, les sentiments s’exacerbent, le noyau familial éclate : tout craque et se fissure jusqu’à ce que l’impensable arrive. Les orages tant espérés balaieront une campagne épuisée et emporteront un monde avec eux.

Autour du film

En plein cœur de la canicule de 1976, des fermiers accablés par la chaleur tentent, mais pas toujours avec succès, de parer au plus pressé pour permettre aux animaux et aux plantes de survivre. Une famille composée de Nicole (Laetitia Casta), Jean (Thibaut Evrard) , leurs enfants Gus (Luc Bruchez) et Léa (Lisa Harder), ainsi que le cousin Rudy et le grand-père (Patrick Descamps), reçoivent la visite de Cécile (Clémence Poésy), une ancienne amie de Nicole. Cette visite déclenchera alors un autre type de cataclysme.

Malgré un scénario qui pêche par une écriture parfois brouillonne, le film de Delphine Lehericey mérite d’être racheté. En effet, l’attention portée aux portraits psychologiques des personnages, autant pour le protagoniste principal que les secondaires, ainsi que la superbe photographie qui fait régner sur ce long métrage une ambiance prégnante entre western et film apocalyptique, suffisent à donner du sens au déroulé du film.

Il faut en effet voir Le milieu de l’horizon pour sa galerie de portraits, en particulier celui de Gus, porté par l’exceptionnelle prestation de Luc Bruchez. L’acteur donne ici  corps à un beau personnage d’adolescent, sensible et rêveur, remué par l’éveil de sa sexualité. Fantasmant sur les filles des magazines, il est de plus perturbé par la relation que sa mère entretient avec son amie Cécile.

Quant au personnage du père Jean, c’est un homme à la sensibilité à fleur de peau, amoureux de sa femme et de sa ferme, exigeant envers ses enfants comme avec lui-même, bourru  ou tendre à ses heures, mais miné par les soucis financiers. On sent qu’il porte sur lui la charge mentale de la gestion de son exploitation, se débattant pour conduire sa ferme et sa famille par les chemins qu’il pense être les bons. À ses côtés, Nicole est une femme aimante, arrangeante, qui essaye jusqu’au bout d’être une « bonne » mère,  mais qui prendra tout de même conscience durant cet été particulier qu’elle a aussi le droit de revendiquer une vie et un espace à soi.

Au gré de la montée en température, de la mort des poulets qui crèvent littéralement de chaud, des événements successifs déclenchés par l’arrivée de Cécile, la tension monte, et les hommes deviennent de plus en plus irascibles, voire violents. Les femmes quant à elles changent aussi leur comportement, assumant un choix de vie  plus centré sur leurs désirs et non plus sur des compromis. La chaleur servira en quelque sorte de catalyseur. Elle permettra donc l’expression des regrets et d’une certaine rancœur tout en poussant certains protagonistes à aller de l’avant afin de mener la vie qu’ils souhaitent sans devoir se soumettre à ce qu’on attend d’eux.

Les plus belles scènes du film sont sans conteste celles où la réalisatrice met en évidence la tendresse qui lie les personnages entre eux, en particulier dans la relation de Gus avec sa mère. On retiendra également  la scène bouleversante dans laquelle un vieux cheval décide, pour finir sa vie, de retourner dans le champ qui l’a vu naître.

Actuellement au cinéma.

Laurent Schérer

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