Affiche du film Mère et fille
Affiche du film Mère et fille

Mère et fille

2019 93 minutes Couleur 02 juin 2021
Tous publics

Un film de Jure Pavlović

Jasna, une Croate d’une quarantaine d’années, vit en Allemagne auprès un mari aimant et de deux enfants pré-adolescents. Elle retourne dans son pays pour voir sa mère, Anka, atteinte d'un cancer en phase terminale. Celle-ci n’a jamais été tendre avec ses enfants. Jasna et feu son frère Vlado ont donc quitté le foyer parental dès qu’ils ont pu. Jasna s’occupe de sa mère et l'aide dans ses tâches quotidiennes, ainsi que dans son procès avec ses nouveaux voisins, à propos d’un lopin de terre. Jasna en profite pour revoir ses amis d’enfance et des parents éloignés. Ces retrouvailles la replongent dans des souvenirs souvent douloureux...

Jasna, une Croate d’une quarantaine d’années, vit en Allemagne auprès un mari aimant et de deux enfants pré-adolescents. Elle retourne dans son pays pour voir sa mère, Anka, atteinte d'un cancer en phase terminale. Celle-ci n’a jamais été tendre avec ses enfants. Jasna et feu son frère Vlado ont donc quitté le foyer parental dès qu’ils ont pu. Jasna s’occupe de sa mère et l'aide dans ses tâches quotidiennes, ainsi que dans son procès avec ses nouveaux voisins, à propos d’un lopin de terre. Jasna en profite pour revoir ses amis d’enfance et des parents éloignés. Ces retrouvailles la replongent dans des souvenirs souvent douloureux...

Autour du film

Le réalisateur croate Jure Pavlović explore dans son nouveau film Mère et Fille, un drame psychologique fort au parti pris esthétique et technique original, la complexité des relations mère/fille.

Jasna (Daria Lorenci-Flatz) est partie vivre en Allemagne, où elle s’est mariée et a donné naissance à deux enfants, encore jeunes. Elle retourne dans son village natal, en Croatie, pour rendre visite à sa mère, Anka (Neva Rošić), très malade, et l’aider au quotidien. La vieille femme vit ses derniers jours. Sa lente agonie est perçue au travers des yeux de sa fille, donnant l’occasion au réalisateur d’explorer leur relation complexe.

Dès le début du film, le parti pris esthétique et technique est affiché : la caméra se concentre uniquement sur Jasna, ne la quittant jamais, la plaçant au centre de l’image et rendant ainsi compte de son sentiment de détresse. Cette focalisation sur le personnage principal oblige l’équipe technique à fournir toutes les ressources de son art pour saisir au plus près les expressions de l’actrice qui parvient à transmettre une émotion à la fois forte et contenue, en attirant toute l’attention sur l’expression de son visage. Elle est souvent silencieuse et troublée par la situation. On comprend très vite que Jasna a vécu une enfance difficile avec sa mère.

Le cadre reste fermé, les autres personnages sont relégués au second plan ou en hors-champ. Difficile dès lors de savoir ce qui se passe autour d’elle, tout un monde qui reste flou et lointain, ce qui créé une sensation de frustration et de claustrophobie, partagée par le personnage. Cela renforce également la distance vis-à-vis d’Anka, figure tout aussi complexe qui porte l’action et la plupart des situations dramatiques.

Jasna se retrouve prise par le temps, comme l’indique la construction du film en chapitres. Au départ, elle devait seulement passer quelques jours auprès de sa mère, mais ces jours se transforment en semaines, puis en mois. Cela l’oblige à se confronter à son passé et ravive des souvenirs encore douloureux. Le père et le frère de Jasna sont morts lorsqu’elle était encore jeune. Sa mère a alors endossé le rôle de matriarche et l’a marquée par sa volonté de domination et sa cruauté, raison pour laquelle elle est partie dès qu’elle en a eu la possibilité. Mais face à la maladie et l’urgence de la situation, elle tente de retrouver les liens durables qui unissent une mère à sa fille.

Un film à l’émotion forte, portée notamment par la magnifique performance de l’actrice Daria Lorenci-Flatz, qui tente de saisir avec justesse la vieillesse et les changements qu’elle engendre dans les rapports familiaux, sans user du pathos comme solution de facilité.

Camille Villemin

Réalisateur
Genre
Distribution
Nationalité

Casting

Générique

Réalisateurs

Scénaristes

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter