Affiche du film Un fils
Affiche du film Un fils

Un fils

2019 95 minutes Couleur 22 juin 2020
Tous publics

Un film de Mehdi Barsaoui

Farès et sa femme Meriem honorent une promesse faite à leur jeune fils Aziz : partir en vacances pour découvrir la beauté du désert. Mais leur voiture tombe dans une embuscade tendue par un groupe terroriste. Grièvement blessé, Aziz doit être hospitalisé d’urgence. Son état empire et seule une greffe du foie peut le sauver. Or, en Tunisie, le don d'organe est mal perçu. Les analyses sanguines révèlent que Farès n’est pas le père biologique d’Aziz. Farès accuse le coup, mais il est bien décidé à sauver son fils, quitte à utiliser des moyens illégaux pour cela. Un homme lui demande 150 000 dinars en échange d'un foie pour son fils...

Farès et sa femme Meriem honorent une promesse faite à leur jeune fils Aziz : partir en vacances pour découvrir la beauté du désert. Mais leur voiture tombe dans une embuscade tendue par un groupe terroriste. Grièvement blessé, Aziz doit être hospitalisé d’urgence. Son état empire et seule une greffe du foie peut le sauver. Or, en Tunisie, le don d'organe est mal perçu. Les analyses sanguines révèlent que Farès n’est pas le père biologique d’Aziz. Farès accuse le coup, mais il est bien décidé à sauver son fils, quitte à utiliser des moyens illégaux pour cela. Un homme lui demande 150 000 dinars en échange d'un foie pour son fils...

Autour du film

En 2011, année de la révolution tunisienne, Fares (Sami Bouajila), Meriem (Najla Ben Abdallah), et Aziz (Youssef Khemiri) leur fils de neuf ans, membres d’une famille aisée et moderne, se rendent à Tataouine, une petite ville du sud du pays non loin de la frontière libyenne. Juste avant d’arriver,  des terroristes attaquent le fourgon de police qui les précède. Le fils se prend une balle perdue. Son pronostic vital est alors engagé.

Presque entièrement tourné comme un huis clos à l’intérieur de l’hôpital, ce drame de Mehdi Barsaoui nous questionne sur notre moralité. Pour sauver son fils d’une mort probable, le père s’engage en fermant plus ou moins les yeux, dans une histoire louche. Tout en tension, ce film cherche à faire craquer le vernis de civilisation que nous portons en le confrontant à l’urgence de la mort d’un proche. Entre ses principes et la nécessité de défendre sa famille, le père est acculé à choisir ce qui à ses yeux est la moins mauvaise des solutions.

Mais ce n’est pas tout. En effet, suite à une recherche de groupe en vue d’une greffe de foie qui pourrait sauver la vie d’Aziz, le père apprend que celui-ci n’est pas son fils. Le film prend alors une tournure sociale et pose la question de la place de la vie amoureuse des femmes dans une société patriarcale où l’adultère est un délit coupable de cinq ans de prison. Question qui interpellait déjà un autre réalisateur tunisien, Hinde Boujemaa, dans le film Noura Rêve que nous avions chroniqué à sa sortie. Le portrait du délitement de la famille devient celui du pays entier et ce « thriller conjugal » prend alors une dimension nettement politique. Comment gérer les troubles liés à un bouleversement ?

Tourné le plus souvent caméra à l’épaule, le filmage du parcours des personnages nous fait participer à leur angoisse, d’autant plus que le réalisateur sait garder la caméra fixe sur des temps d’attente qui deviennent alors anxiogènes. Nous passons donc du portrait d’une famille joyeuse et quasi fusionnelle au début du film à la description d’êtres tourmentés et solitaires dans sa deuxième partie. Autre point fort du film, l’écriture précise de son scénario qui aide à ce que, malgré la multiplicité des thèmes abordés, le spectateur n’ait jamais l’impression que le réalisateur veut en montrer trop, ce qui est pourtant l’un des défauts récurrents des premiers films.

Au final Un fils est une primo-réalisation très réussie, témoin de la vitalité du cinéma tunisien contemporain.

Laurent Schérer

 

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