Au poste !

2018
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73 minutes
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Couleur
Affiche du film Au poste ! Le commissaire Buron enquête sur un meurtre. Fantasque et peu conventionnel, il soupçonne Fugain, qu'il interroge d'abord en tant que témoin puis comme suspect. Commence alors un long interrogatoire dans les locaux de la police. Buron questionne le suspect sur la présence de son fer à repasser à côté de la tête fendue du mort. Au fil de ses réponses, Fugain dévoile un homme à la vie banale et d'un ennui mortel. Toute la nuit, défile une galerie de personnages plus loufoques les uns que les autres...
 

Réalisateur

Date de sortie

04/07/2018

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Entre quatre murs bétonnés du siège du PCF de Colonel Fabien transformé par Quentin Dupieux en commissariat de police, Fugain (Grégoire Ludig avec une belle moustache à la Magnum) est interrogé par le commissaire Buron (Benoît Poelvoord) à propos d’un cadavre retrouvé. Le pauvre Fugain semble avoir été au mauvais moment au mauvais endroit et malgré l’attente et la faim qui se profile, il ne coupera pas à l’interrogatoire interminable du commissaire.

L'enquête, Dupieux s’en contrefiche et l’utilise comme prétexte à des dialogues comiques et absurdes dont il a le secret : « c’est la première fois que je voyais un cadavre », confie l’accusé, « alors comment saviez-vous que c’en était un ? » rétorque le flic. Le film devient un match de répliques entre les deux hommes, qui peuvent être interrompus par Philippe, le lieutenant borgne (Marc Fraize) à qui il arrive un malheur, ou Fiona, sa femme à l’accent du Nord qui le cherche désespérément (Anaïs Demoustier).

Dix ans après Steak, Quentin Dupieux, également connu sous le nom Mr. Oizo, revient à une production totalement française pour y exploiter pleinement sa langue natale. Au poste ! est un film soigneusement écrit qui joue avec le langage (« gardez un œil sur lui » dit Buron à son collègue borgne) et qui en fait aussi une de ses thématiques. Buron est agacé par le tic de ses collègues qui ne cessent de ponctuer leurs phrases par « c’est pour ça », et discute l’absurdité de certaines expressions comme « changer d’air ». Bien que l’affiche du film soit inspirée de celle de Peur sur la ville, ici pas de courses poursuites dans le métro ni de cascades sur les toits de Paris, Poelvoord et Ludig restent cantonnés au commissariat à échanger des bons mots.

De temps en temps, ils quittent le bureau pour s’aventurer dans la mémoire de Fugain qui raconte la nuit du crime. Une fois de plus, Dupieux envoie paître les conventions narratives et laisse les personnages du présent s’incruster dans les flash-back du faux-coupable et va jusqu’à se permettre dans un coup de théâtre final, une mise en abime totale pour le spectateur.

« La nuit va être longue » répète Buron. Pourtant le film est expéditif, 1h13, car Dupieux l’a bien compris, les plaisanteries les plus courtes sont souvent les meilleures.

S.D.

Publié le 09/07/2018
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