Senses 1&2

Happî awâ

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2015
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139 minutes
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Couleur
Affiche du film Senses 1&2 A Kobe, quatre trentenaires, Akari, Sakurajo, Fumi et Jun, sont d'inséparables amies. Les jeunes femmes se retrouvent souvent pour déjeuner, participer à des ateliers pendant leur temps libre ou tout simplement se raconter leurs vies. Un soir, au cours d'un dîner avec des amis, des révélations se font...

Casting

Rôle : Akari
Rôle : Sakurako
Rôle : Fumi
 

Date de sortie

02/05/2018

Genre

Nationalité

Distribution

Classification

Tous publics

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

A Kobe, quatre femmes approchant la quarantaine se réunissent régulièrement pour partager des moments amicaux. Alors qu’elles croient tout savoir les unes des autres, des circonstances exceptionnelles les obligent à ouvrir les yeux et prêter l’oreille à ce qui se cachait derrière la sérénité de façade de leurs sœurs de cœur.

   A l’origine, Senses est un film-fleuve de cinq heures, diffusé d’un seul tenant au Japon et dans les festivals internationaux. On doit sa transformation en « première série cinéma » à son audacieux distributeur français, Éric Le Bot, qui a saisi l’occasion de ce très-long-métrage explorant en profondeur la vie émotionnelle d’une poignée de personnages pour tenter de disputer à la télévision son hégémonie sur le format série. Pour ce faire, il a découpé l’œuvre unique initiale en cinq épisodes dont les sorties s’égrèneront sur trois semaines.

   Fruit d’un travail de collaboration du réalisateur Ryusuke Hamaguchi avec l’équipe artistique, Senses a été de nombreuses fois réécrit et prolongé durant un tournage qui peinait à trouver sa conclusion. Cela se ressent à la vision de l’intégralité des épisodes, dont l’artificialité s’accroît au fur et à mesure qu’on y progresse. Alors même que le titre programmatique suggère un cinéma de la sensualité, les derniers épisodes se perdent dans l’intellectualisme, structurés qui autour d’une interminable lecture de texte, qui autour d’un interminable débat sur cette même lecture. Les passionnés de métaphysique de la perception se pourlècheront à n’en pas douter les babines, mais les matérialistes s’ennuieront ferme.

   Evitant l’écueil du verbiage, les deux premiers épisodes valent en revanche le détour. Cela est d’autant plus vrai pour le spectateur curieux de la culture japonaise que les scènes d’exposition qui introduisent le quatuor d’amies et chacune des femmes individuellement offrent un panorama relativement complet des problématiques qui traversent la classe moyenne du Japon contemporain. De la femme au foyer à l’infirmière en passant par la médiatrice culturelle et l’aspirante au divorce, les portraits croisés d’Akari, Sakurako, Fumi et Jun nous permettent d’appréhender des facettes culturelles aussi importantes que l’éducation des enfants, le sort réservé aux personnes âgées, la place de l’art dans la société, et le sexisme de la justice. Centrés sur le toucher et l’écoute, soit les deux sens les plus cinégéniques après la vue, ces deux premiers épisodes tiennent également davantage leurs promesses en terme de traitement sensuel de la vie émotionnelle de quatre femmes au seuil de bouleversements de vie majeurs. Là où les derniers épisodes se perdront dans des élucubrations absconses sur le bien (perce)voir, Senses 1 & 2 pointe plus humblement du doigt la difficulté qu’il y a à établir des contacts tactiles en dehors de la sphère amoureuse, et peut-être davantage encore à écouter l’autre. Sensible et attachant.

F.L.

Publié le 26/04/2018
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