A Chacun Cherche Son Film, nous avons tous nos spécialités et nos préférences. Mad Will par exemple est moins réceptif que ses camarades aux films français tournés en appartement qui content les mésaventures d’étudiantes du 16ème arrondissement.

Notre cher rédacteur en chef, quant à lui n’aime pas trop les films d’horreur. (Personne n’est parfait vient de déclarer le Mad Will qui passait par là). Le sang, les entrailles, la peur viscérale, ce n’est pas trop son truc. Pourtant Laurent a été très enthousiasmé par Ghostland.

Voici sa critique qui devrait pousser même les plus résistants au genre à venir voir cette pièce maîtresse du fantastique réalisée par Pascal Laugier, le réalisateur de Martyrs.

La critique

Pour ceux qui aiment le cinéma d’horreur, Ghostland est un film à ne pas manquer. Pour les plus rétifs au genre, il pourrait les réconcilier avec la peur à l’écran. En effet Ghostland réalisé par Pascal Laugier (Saint Ange, Martyrs, The Secret) est une œuvre de grande qualité qui transcende les codes du cinéma d’épouvante.

Pourtant, si l’on se fie au résumé, le film semble être une Xème répétition d’un scénario usé : « une mère et ses deux filles débarquent dans le fin fond de la campagne américaine, dans une maison à l’écart, héritage d’une vielle tante décédée. Mais un tueur en série rôde dans la région ». Or c’est loin d’être le cas.

Ce qui est frappant de prime abord, c’est le soin apporté au scénario du film qui se rapproche dans son écriture d’un conte fantastique avec des références à la littérature et plus particulièrement à Lovecraft. A la différence de nombreuses réalisations pensées seulement pour les adolescents, Laugier construit ici un récit d’une grande logique où tout semble plausible. Le film s’inscrit alors dans la définition littéraire du fantastique qui veut que tout soit explicable de deux façons : naturelle et surnaturelle. Le spectateur - sans vouloir divulgacher le film - se trouve pris dans un tourbillon qui lui fait perdre ses repères et douter de la perception de la réalité qu’ont les protagonistes de l’histoire. Le film s’avère beaucoup plus subtil qu’un Mother ou qu’un Secret des Marrowbone.

Il faut aussi souligner la qualité du travail du directeur artistique du film qui nous offre des décors de toute beauté. On a envie comme au musée de passer plus de temps à contempler les merveilles qu’a rassemblées l’équipe de décoration.

L’atmosphère étouffante du film est extrêmement bien rendue. Le réalisateur, sans abuser de l’hémoglobine ni des effets spéciaux, ici utilisés à bon escient, nous offre ainsi des moments de respirations indispensables faisant baisser notre attention avant les prochains frissons.

Et pour finir, il faut relever le jeu des acteurs et des actrices (Crystal Reed, Anastasia Philips, et Mylène Farmer) qui nous offrent une performance rare. Naturelles dans l’horreur jamais dans le surjeu, leur interprétation respective apporte beaucoup à la cohérence du film.

Pour les amateurs du genre ou pas, un film à ne pas rater.

L.S.