Luisa, contrairement à ses parents portugais et à son grand frère, est née en France et se sent pleinement intégrée à sa culture. Son père lui transmettra cependant son propre héritage culturel. Un premier long-métrage lumineux sur les relations entre un père et sa fille, plein de poésie de l’enfance et de la nostalgie de l’exil.

La critique

Luisa (Naomi Biton), née en France de parents portugais (Nuno Lopes & Beatriz Batarda), vit avec eux et son grand frère (Thomas Brazete) dans un cabanon face à la mer. Alors qu’ils ont la nostalgie de leur pays et vivent douloureusement leur exil, elle se sent pleinement Française. Quand elle comprend que son père risque de partir, elle fait tout ce qu’elle peut avec ses moyens d’enfant pour essayer de le retenir.

Lumineux, Menina raconte sans pathos l’histoire d’amour entre un père et sa fille. Fuyant le réalisme pour ouvrir une bulle de fiction qui ressemble davantage au temps des souvenirs, nimbé des émotions positives que l’on y rattache a posteriori, la réalisatrice Cristina Pinheiro n’hésite pas à user de jeux de désynchronisation entre l’image et le son, pour créer de purs moments de poésie. Elle réussit à évoquer de façon imagée et légère des sujets aussi graves que la dictature de Salazar ou le cancer, notamment par l’intermédiaire du personnage cabotin du père, interprété par le charismatique Nuno Lopes. Avec son chef opérateur Tristan Tortuyaux, elle tire le meilleur parti du beau décor naturel de la ville de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Menina se distingue ainsi par sa photographie magnifique riche de jolis effets de longue focale. Éblouissant.

F.L.