Cette semaine on voyage en compagnie de Salim Shaheen, l’acteur-réalisateur-producteur afghan le plus populaire du pays ! Un « Ed Wood » local, habité par une profonde passion du cinéma et qui réalise à une allure incroyable. Plus de 110 films au compteur et une grande partie tournée en 4 jours. Souvent du Z bien sûr, mais qui témoigne d’un véritable amour pour le 7e art, une envie de filmer comme une pulsion de vie, pour échapper au quotidien tragique du pays.

Un documentaire qui nous emmène à la rencontre d’un personnage haut en couleur, au cœur d’un Afghanistan souvent méconnu.

La critique

Depuis trente ans, malgré la menace constante des bombardements et des attentats, l’Afghan Salim Shaheen ne cesse de réaliser des films avec trois fois rien, si ce n’est son enthousiasme contagieux. La journaliste Sonia Kronlund, envoyée spéciale au Moyen Orient pour France Culture et Arte, décide de suivre sur son 111ème tournage cette personnalité hors norme pour donner à voir de l’Afghanistan, pour une fois, autre chose que la guerre : « J’aime l’idée que Shaheen tourne des films sans arrêt, comme un besoin vital, avec une énergie de forcené, et une croyance inébranlable dans ce qu’il fait. Au-delà de la qualité de ses films, les Afghans aiment son cinéma car il leur donne un visage et une voix qui n’existent nulle part ailleurs. Il les représente. Dans les films de Shaheen, les gens du peuple sont des héros. Les pauvres réussissent à vaincre les riches. Les faibles sortent vainqueurs. Les puissants sont punis. » Au-delà de ce portrait de réalisateur populaire et de la forme (qui tient davantage du reportage journalistique que du cinéma), Nothingwood vaut surtout le détour pour les facettes méconnues de l’Afghanistan qu’il laisse apercevoir en filigrane.

F.L.