Marie Perennès et Simon Depardon ont suivi en immersion dans leur documentaire Riposte féministe, ces femmes qui collent la nuit pour sensibiliser les habitants au fléau des violences faites aux femmes. Une nouvelle pierre apportée à la lutte contre le sexisme.

La critique :

Vous avez certainement aperçu sur les murs de votre ville ces slogans peints sur des papiers collés qui dénoncent le sexisme et les violences faites aux femmes. Dans le documentaire Riposte féministe, Marie Perennès et Simon Depardon ont voulu en savoir plus sur celles qui collent la nuit pour sensibiliser les habitants à ce fléau. Dans ce documentaire en immersion, les cinéastes les ont suivies dans dix villes françaises, des grandes, Paris, Lyon, Marseille, comme des petites à l’image de Gignac et ses six mille habitants. Produits par Claudine Nougaret, la compagne de Raymond Depardon et mère de Simon, les réalisateurs.trices ont tenu à soigner leurs prises de vue, posant leur caméra pour cadrer au mieux ces femmes dans l’action ou dans la parole.

Ce mini tour de France montre d’abord que la cause féministe rallie sur le territoire de nombreuses femmes, les collectifs de colleuses étant en France plus de deux cents. Il montre aussi l’engagement et la réflexion de celles qui ont choisi d’occuper l’espace public pour cette juste cause, malgré leur peur initiale. Un engagement nécessaire, car ces femmes ou leurs proches ont subi la violence de notre société patriarcale.

D’une réflexion sociétale à une réflexion politique, de l’usage ou non de la violence pour répondre à celle systémique envers les femmes, de la nécessité de la non-mixité et/ou de la mixité choisie, beaucoup de sujets sont abordés dans les témoignages recueillis qui apportent chacun une pierre à l’édifice du féminisme. On comprend qu’il n’y a pas un bloc monolithique de « féministes » mais que chacune a son idée, son interprétation du terme et de comment mener la lutte. Mais là où elles sont toutes d’accord c’est qu’il faut que cessent les violences faites aux femmes, la sensibilisation de la population grâce à leurs actions nocturnes devenant un moyen de faire entendre leur voix et de redonner confiance à toutes les femmes.

« Je te crois » disent-elles à celle qui n’ose pas porter plainte parce qu’on la soupçonne a priori de n’avoir pas eu le comportement qui aurait évité l’agression dont elle a été victime. Trop d’agressions et pas assez de condamnations. La cause d’un viol est toujours un violeur. La honte doit changer de camp. Ce film nous le rappelle !

Laurent Schérer

La bande-annonce :