Pour sa première réalisation, Yusuke Hirota nous offre avec De l’autre côté du ciel  un film d’animation très réussi. Cette fable écologique est idéale pour une sortie en famille.

La critique :

Pour le plus grand plaisir des petits et des grands, Le studio 4° C nous offre une nouvelle création avec De l’autre côté du ciel, de Yusuke Hirota, écrit d’après un texte original de Akihiro Nishino. Ce film d’animation raconte, dans un monde imaginaire évoluant sous le joug d’une dictature, l’histoire de Lubicchi, un petit ramoneur, et de Poupelle, une créature constituée de déchets. Cette fable prône des valeurs comme la tolérance et la solidarité tout en traitant de la possibilité de vivre ses rêves. De plus, elle développe le thème universel de l’importance des liens filiaux.

La cité de Lubicchi, une ville renfermée sur elle-même, est recouverte en permanence par les fumées qui sortent des innombrables cheminées disséminées dans la ville. Ce qu’il y a derrière ces épais nuages, personne ne l’a jamais vu, sauf peut-être Bruno, le père de Lubicchi. Durant les spectacles qu’il met en scène dans la rue à la vue de ses concitoyens, il participe à la propagation d‘une rumeur : derrière l’épais rideau de fumée des étoiles existeraient. Après l’étrange disparition de son père, Lubicchi, avec l’aide de Poupelle se lance alors dans une quête malgré les interdits : il veut tout bonnement découvrir les étoiles derrière l’épais rideau de fumée.

Ce qui frappe dans ce film c’est d’abord son immense qualité graphique. Les décors sont dessinés avec beaucoup de précision, ils sont riches et colorés, les personnages, en particulier Poupelle, sont très travaillés. Celui-ci est en effet constitué de l’assemblage de divers déchets, plastiques ou métalliques réunis ensemble pour former un corps, qui s’animera lors de la chute d’une météorite. Nous nous retrouvons donc dans un graphisme qui mixe 2D et 3D.

Il faut souligner également la qualité du scénario qui nous offre plusieurs niveaux de lecture, permettant à chaque génération d’y trouver son compte. Pour les petits, le récit s’avèrera simple et linéaire. Pour autant, le film se révèle bien plus  complexe quand on s’attarde un peu sur l’histoire développée. En effet, dans ce monde dystopique il n’y a pas que deux blocs constitués autour des « méchants » et des « gentils ». Les bons devront accepter Poupelle et ses différences tandis que les méchants seront obligés de reconnaître leurs torts. De plus, les liens filiaux très forts qui relient Lubbicchi à ses parents sont aussi source d’inspiration pour le scénario.  

La thématique écologique, largement mise en avant pourra être appréciée par toutes les générations. Cette fable pourrait évoquer le film Don’t look up dont le titre est transformé en ordre par les maitres de la ville cheminée, et surtout elle met en évidence la lutte nécessaire de ceux qui œuvrent pour le bien commun face à l’inertie généralisée, d’autant plus qu’elle est entretenue par un pouvoir dictatorial qui voudrait que rien ne bouge et qui fait taire les dissidences. Ce thème universel est facilement transposable à notre société qui, comme chacun sait, agit peu en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique.

De l’autre côté du ciel est un film d’animation très réussi à recommander à tous. Une excellente occasion de sortie en famille.

Laurent Schérer

La bande-annonce :