Volontaire

97 minutes
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Couleur
Affiche du film Volontaire Laure a 22 ans et ne sait pas quoi faire de sa vie. Après de brillantes études littéraires, elle s'engage dans la marine, chez les fusiliers, en tant qu'officier communication. La discipline est rude : elle va devoir s'y plier, s'intégrer et assimiler rapidement les us et coutumes de l'Institution. Mais Laure est volontaire et déterminée...

Réalisateur

Date de sortie

06/06/2018

Nationalité

France

Distribution

Classification

Non renseigné

Acteurs

Rôle : Laure
Rôle : Loïc

Critique de la rédaction

Notre critique CCSF

Plutôt connue pour ses qualités d’actrice, Hélène Fillières s’était déjà essayée à la réalisation en 2013 avec le moyennement convaincant Une histoire d’amour. Elle revient cette année en force avec Volontaire, un film d’apprentissage sur une jeune femme, Laure Baer (Diane Rouxel) 23 ans, qui, lassée des longues études, décide d’intégrer la Marine Nationale.

Dans la froide mais très graphique Ecole Navale de Brest qui sert de principal décor au film, Laure, rebaptisée l’Aspirant Baer, prend ses marques. Elle est sous les ordres du Commandant Rivière (Lambert Wilson) qu’elle doit réussir à convaincre de sa participation à un stage d’aguerrissement nécessaire pour préparer une formation de commando. Sympathique, intelligente, travailleuse, Baer est l’élève modèle. Mais le Commandant Rivière reste inflexible, c’est un stage réservé aux hommes.

Au-delà d’un film purement féministe qui martèle que la réussite n’a pas de genre, même dans le corps de l’armée, Volontaire élargit le débat à travers un personnage féminin qui au lieu de vouloir « faire comme les garçons », évolue en faisant de sa féminité un allié. A l’inverse de l’Adèle Haenel bourrine des Combattants, l’Aspirant Baer est (on le montre à plusieurs reprises) raffinée, élégante assume son pouvoir de séduction. Hélène Fillières n’hésite pas à le mettre en avant, filmant longuement le regard bleu et intense de Diane Rouxel lancé au Commandant Rivière qui lui rend d’ailleurs plutôt bien.  Figure d’emblée très stricte comme on peut l’attendre d’un commandant, mais pas complètement antipathique, Rivière est un homme très secret dont on perçoit vite la grande sensibilité. Non réticent au charme de son aspirante, il laisse s’installer entre eux une relation qui n’est ni amicale, ni vraiment amoureuse, mais plutôt de l’ordre de la fascination.

En dehors du bureau qu’ils partagent, il y a les militaires qui ont certes la blague grivoise facile, mais sont relativement bienveillants et l’Aspirant Baer n’est jamais leur proie. A l’inverse, le peu de femmes qu’elle côtoie s’avèrent odieuses et c’est peut-être là une des faiblesses du film dont on aurait attendu plus de nuances dans le traitement de la différence des genres.

Une des grandes réussites du film, c’est son casting qui résonne parfaitement avec son sujet. Même si Diane Rouxel n’est pas une novice, on l’avait découverte dans La Tête Haute d’Emmanuelle Bercot, puis dans deux grands films à l’affiche cette année : Les Garçons Sauvages de Bertrand Mandico et Mes Provinciales de Jean-Paul Civeyrac, elle est ici lâchée dans la nature avec un vrai premier « premier rôle ». Elle s’en sort très bien, et s’impose, comme son personnage, face à l’excellent Lambert Wilson qui partage lui aussi avec le Commandant Rivière d’être la figure de l’homme impénétrable et mélancolique. Autour d’eux gravite un très beau second rôle, celui de Corentin Fila (repéré dans Quand on a 17 ans d’André Techiné, il donne également déjà la réplique à Diane Rouxel dans Mes Provinciales) en Aspirant Dumont, collègue et ami de Baer. On se plaît dans la métaphore des deux comédiens en herbe se lançant avec détermination dans le métier d’acteurs régis par le Commandant Wilson et son béret bien ajusté.

En plus de son aspect documentaire très référencé sur l’univers de la Marine Nationale, Volontaire est une fiction bien construite, évitant le cliché de la brute militaire. L’endurcissement physique nécessaire ne se conçoit pas sans l’ossature délicate des sentiments. On aurait pu craindre un discours moraliste et anti-masculin et c’est tout le contraire. Une belle surprise.

S.D.

Publié le 26/04/2018

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